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Cannabis légal en France en 2026 : ce qui est autorisé

Sommaire6 sections
  1. Cannabis en France : ce qui est autorisé, ce qui est interdit (tableau 2026)
  2. Chronologie : les textes qui ont fixé la rÚgle, de 1970 à 2026
  3. Consommer, détenir, conduire, cultiver : ce que tu risques
  4. LĂ©galisation du cannabis en France : oĂč en est-on, et que font nos voisins ?
  5. Ce qu'on vend en France, et ce qu'on n'y vend pas
  6. Questions fréquentes
Bocal de fleurs de chanvre sĂ©chĂ©es posĂ© sur une table en bois, prĂšs d’une fenĂȘtre

Le cannabis n’est pas lĂ©gal en France au 10 septembre 2026 : il reste classĂ© comme stupĂ©fiant. Et pourtant des fleurs de chanvre se vendent en boutique, Ă  deux rues d’un commissariat, sans que personne n’enfreigne la loi. Les deux phrases sont vraies en mĂȘme temps : tout le sujet est lĂ .

Ce guide, mis Ă  jour le 10 septembre 2026, pose le cadre complet, textes et dates en main : ce qui est autorisĂ©, ce qui est interdit, ce que tu risques au quotidien et au volant, ce qui change quand tu passes une frontiĂšre. Avec, en prime, une grille de lecture qui vaut pour n’importe quel produit croisĂ© en boutique ou en ligne.

L'essentiel en 30 secondes

  • Le cannabis reste un stupĂ©fiant : le consommer, le dĂ©tenir ou en cultiver est un dĂ©lit.
  • Seul le chanvre de variĂ©tĂ©s autorisĂ©es se vend lĂ©galement, Ă  0,3 % de delta-9-THC au plus sur le produit fini ; certaines molĂ©cules, comme le HHC, sont interdites quel que soit leur taux.
  • Aucune lĂ©galisation en vue au 10 septembre 2026 : la loi RIPOST, en vigueur depuis le 20 aoĂ»t, alourdit au contraire les sanctions de l'usage et de la conduite.

Cannabis en France : ce qui est autorisé, ce qui est interdit (tableau 2026)

Avant le dĂ©tail des textes, la carte. Deux tableaux : l’un par substance, l’autre par geste du quotidien. Chaque ligne est justifiĂ©e plus bas, source Ă  l’appui.

Par substance : le statut au 10 septembre 2026

Substance ou produit Statut en France Ce qui le fixe
Cannabis (herbe, résine) au-delà du seuil légal Interdit : stupéfiant Loi du 31 décembre 1970, code de la santé publique
Delta-9-THC, la molĂ©cule « classique » Interdit : stupĂ©fiant Classement national et conventions de l’ONU
Fleurs, rĂ©sines, extraits et vapes de chanvre sous le seuil Vente autorisĂ©e ArrĂȘtĂ© du 30 dĂ©cembre 2021, dĂ©cision n° 444887 du 29 dĂ©cembre 2022
CBD (cannabidiol) Non classĂ© comme stupĂ©fiant Cour de justice de l’UE, arrĂȘt Kanavape du 19 novembre 2020
HHC, HHC-O, HHCP Interdits depuis le 13 juin 2023 DĂ©cision de l’ANSM
Molécules apparues ensuite (10-OH-HHC
) Non visées nommément par les textes en vigueur, ce qui ne vaut pas autorisation Liste officielle, à relire à jour
Cannabis mĂ©dical RĂ©servĂ© Ă  des patients, sur prescription Cadre de l’ANSM

Par geste : ce que tu as le droit de faire

Geste Ce que dit la loi Risque encouru
Acheter un produit de chanvre conforme, en boutique ou en ligne Autorisé Aucun, tant que le produit fini respecte le seuil
Acheter ou dĂ©tenir du cannabis pour soi DĂ©lit Amende forfaitaire de 500 €, ou jusqu’Ă  1 an de prison et 3 750 € d’amende
Fumer un joint chez soi DĂ©lit d’usage, le domicile n’y change rien Le mĂȘme
Fumer un joint dans la rue DĂ©lit d’usage Le mĂȘme, contrĂŽle bien plus probable
Donner ou revendre, mĂȘme Ă  un ami Cession, un dĂ©lit distinct Jusqu’Ă  5 ans de prison et 75 000 € d’amende
Cultiver un pied chez soi Production de stupĂ©fiants Jusqu’Ă  20 ans de rĂ©clusion en thĂ©orie, souvent requalifiĂ© en dĂ©tention
Conduire aprĂšs avoir consommĂ© DĂ©lit, sans aucun seuil de tolĂ©rance 3 ans de prison, 9 000 € d’amende, 6 points retirĂ©s
Ramener du cannabis acheté légalement en Allemagne Importation illicite Poursuites pénales en France

La ligne de partage : 0,3 % de delta-9-THC, sur le produit fini

La rĂšgle vient de l’arrĂȘtĂ© du 30 dĂ©cembre 2021 : seules les variĂ©tĂ©s de chanvre inscrites au catalogue officiel peuvent ĂȘtre cultivĂ©es, importĂ©es, transformĂ©es et vendues, et la teneur en delta-9-THC de la plante comme des produits qui en sont tirĂ©s ne doit pas dĂ©passer 0,3 %. Sous ce plafond, le Conseil d’État a jugĂ© les fleurs et feuilles de chanvre dĂ©pourvues de propriĂ©tĂ©s stupĂ©fiantes[1]. Au-dessus, le produit n’est plus du chanvre autorisĂ© mais du cannabis au sens de la loi, quel que soit son emballage.

Deux conditions, cumulatives : la bonne variété et la bonne teneur. Une variété autorisée mal maßtrisée peut donner un lot non conforme, et une teneur basse sur une variété hors catalogue ne rattrape rien.

La grille de lecture à retenir : la rÚgle porte sur le produit fini analysé, jamais sur son étiquette. Ne disent rien de la conformité :

  • le nom commercial, aussi rassurant ou provocateur soit-il ;
  • l’aspect, l’odeur, la densitĂ© ;
  • le prix et le discours du vendeur.

Le seul document qui tranche, c’est l’analyse du lot que tu as en main. Pour la forme acide prĂ©sente dans la plante crue, et la façon dont elle entre dans le calcul, voir notre dossier sur le THCA.

Chronologie : les textes qui ont fixé la rÚgle, de 1970 à 2026

Le cadre actuel ne vient pas d’une grande loi. Il s’est construit par couches : un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel, deux dĂ©cisions de juge, plusieurs dĂ©cisions d’une agence sanitaire, et un texte pĂ©nal votĂ© cet Ă©tĂ©. Voici les dates qui comptent, dans l’ordre.

Date Texte Ce qu’il change
31 décembre 1970 Loi relative à la lutte contre la toxicomanie Le cannabis est un stupéfiant, son usage devient un délit
1er septembre 2020 GĂ©nĂ©ralisation de l’amende forfaitaire dĂ©lictuelle L’usage peut ĂȘtre sanctionnĂ© sur-le-champ, sans passage au tribunal
19 novembre 2020 Cour de justice de l’UE, arrĂȘt Kanavape (C-663/18) Le cannabidiol n’est pas un stupĂ©fiant ; un pays de l’Union ne peut pas interdire sans motif proportionnĂ© un cannabidiol produit lĂ©galement ailleurs dans l’Union
30 dĂ©cembre 2021 ArrĂȘtĂ© sur le chanvre Seuil relevĂ©, mais vente des fleurs et feuilles brutes interdite
24 janvier 2022 Conseil d’État, en rĂ©fĂ©rĂ© L’interdiction des fleurs est suspendue
29 dĂ©cembre 2022 Conseil d’État, dĂ©cision n° 444887 L’interdiction des fleurs est annulĂ©e
13 juin 2023 DĂ©cision de l’ANSM HHC, HHC-O et HHCP classĂ©s stupĂ©fiants
21 juin 2023 Cour de cassation, chambre criminelle Au volant, une trace dĂ©tectĂ©e suffit, mĂȘme aprĂšs du chanvre
3 juin 2024 DĂ©cision de l’ANSM THCP et toute une famille de dĂ©rivĂ©s classĂ©s ; CBN exclu, THCV et THCA sous conditions de teneur
9 juillet 2025 Loi n° 2025-622 Les peines de conduite aprĂšs usage de stupĂ©fiants passent Ă  3 ans de prison et 9 000 € d’amende (article L. 235-1 du code de la route)
6 fĂ©vrier 2026 DĂ©cision de l’ANSM Reclassement technique des tĂ©trahydrocannabinols, dĂ©jĂ  interdits, sans nouvelle molĂ©cule nommĂ©e
18 aoĂ»t 2026 Loi RIPOST, en vigueur le 20 aoĂ»t Amende forfaitaire d’usage portĂ©e Ă  500 €, nouveau dĂ©lit de conduite aprĂšs consommation manifeste de substances psychoactives, rĂ©tention du permis facilitĂ©e

Deux enseignements. D’abord, la liste des molĂ©cules interdites bouge par simple dĂ©cision de l’Agence nationale de sĂ©curitĂ© du mĂ©dicament, sans vote au Parlement et avec effet quasi immĂ©diat. Ensuite, la tendance rĂ©cente va vers le durcissement des sanctions, pas vers la lĂ©galisation : le dernier texte en date, promulguĂ© le 18 aoĂ»t 2026, alourdit la rĂ©pression de l’usage au lieu de l’assouplir[3].

HHC, 10-OH-HHC : ce que les textes nomment, et ce qu’ils ne nomment pas

Le 13 juin 2023, l’ANSM a inscrit le HHC et deux de ses dĂ©rivĂ©s sur la liste des stupĂ©fiants, en invoquant des signalements d’intoxication (communiquĂ© de l’ANSM)[7]. Moins d’un an plus tard, le 3 juin 2024, elle a franchi un cap : au lieu de nommer les molĂ©cules une Ă  une, elle a classĂ© d’un bloc toute une famille de cannabinoĂŻdes apparentĂ©s, en y ajoutant nommĂ©ment le THCP ou le HHCPO[2].

La mĂȘme dĂ©cision prĂ©voit des exceptions : le CBN est exclu, le THCV et le THCA ne sont tolĂ©rĂ©s que sous conditions de teneur[2]. C’est le dĂ©tail qui compte : pour ces molĂ©cules, ce n’est pas leur nom qui dĂ©cide, c’est la concentration mesurĂ©e dans le produit.

Restent les molĂ©cules apparues aprĂšs ces vagues, comme le 10-OH-HHC. Elles ne sont pas visĂ©es nommĂ©ment par les textes en vigueur, mais ce silence ne vaut pas autorisation : une famille entiĂšre est dĂ©sormais classĂ©e, et une nouvelle dĂ©cision peut tomber Ă  tout moment. MĂȘme logique pour les flacons vendus comme e-liquides THC : l’Ă©tiquette ne dit rien de ce qu’il y a dedans.

Pour situer ces appellations les unes par rapport aux autres, notre comparatif THCX vs THC fait le point.

Consommer, détenir, conduire, cultiver : ce que tu risques

Un produit conforme en rayon ne change rien au statut de l’usage du cannabis lui-mĂȘme. Voici, geste par geste, ce que prĂ©voient les textes, et ce qui se passe en pratique.

Usage et détention : un délit, sanctionné le plus souvent par amende forfaitaire

L’usage illicite de stupĂ©fiants est un dĂ©lit puni d’un an d’emprisonnement et de 3 750 € d’amende, par l’article L. 3421-1 du code de la santĂ© publique[3]. Le lieu n’y change rien : chez soi, dans la rue ou dans un parc, la consommation comme la possession de cannabis relĂšvent de la mĂȘme logique pĂ©nale. Seule la probabilitĂ© d’ĂȘtre contrĂŽlĂ© diffĂšre.

Dans la pratique, l’usage est le plus souvent sanctionnĂ© par une amende forfaitaire dĂ©lictuelle, sans passage devant un juge. Depuis la loi RIPOST, entrĂ©e en vigueur le 20 aoĂ»t 2026, elle s’Ă©lĂšve Ă  500 €, ramenĂ©e Ă  400 € si elle est rĂ©glĂ©e sous 15 jours et portĂ©e Ă  1 000 € au-delĂ  de 45 jours ; la payer vaut reconnaissance des faits, et la sanction est enregistrĂ©e dans un fichier judiciaire[3]. Le tribunal peut aussi prononcer des peines complĂ©mentaires, dont la suspension du permis de conduire, mĂȘme quand l’usage n’a rien Ă  voir avec la route.

Donner ou revendre, mĂȘme quelques grammes Ă  un ami, sort de l’usage : c’est une cession, punie jusqu’Ă  5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (article 222-39 du code pĂ©nal), et le trafic au-delĂ  relĂšve de peines bien plus lourdes.

Au volant : aucun seuil de tolérance

Conduire aprĂšs avoir fait usage de stupĂ©fiants est puni de 3 ans d’emprisonnement et de 9 000 € d’amende, avec un retrait de 6 points ; 5 ans et 15 000 € si l’alcool s’y ajoute. Ces peines sont celles de l’article L. 235-1 du code de la route, relevĂ© par la loi du 9 juillet 2025[14]. La loi RIPOST du 18 aoĂ»t 2026 n’a pas touchĂ© Ă  cet article : elle crĂ©e Ă  cĂŽtĂ© un dĂ©lit de conduite aprĂšs consommation manifeste de substances psychoactives (article L. 237-1), puni de 3 ans d’emprisonnement et 9 000 € d’amende, et de 5 ans et 15 000 € en cas d’ivresse ; elle permet aussi la rĂ©tention du permis sur de simples raisons plausibles de soupçonner[15]. Il n’existe aucun seuil de tolĂ©rance : un dĂ©pistage salivaire positif, confirmĂ© par un prĂ©lĂšvement salivaire ou sanguin analysĂ© en laboratoire, suffit[4].

Le cannabidiol n’est pas une dĂ©fense. Le 21 juin 2023, la Cour de cassation a jugĂ© que l’infraction est constituĂ©e dĂšs lors que du THC est dĂ©tectĂ©, mĂȘme chez un conducteur qui affirme n’avoir pris que du cannabidiol, et quelle que soit la quantitĂ© (selon Service-Public.fr)[8].

Le dĂ©tail pratique est dans nos guides dĂ©diĂ©s : comment fonctionne le test salivaire THC, combien de temps une consommation reste dĂ©tectable dans le sang, et si l’on peut conduire aprĂšs avoir pris du CBD.

Cultiver : réservé aux agriculteurs

Pour un particulier, faire pousser du cannabis, mĂȘme un seul pied destinĂ© Ă  sa propre consommation, relĂšve juridiquement de la production de stupĂ©fiants : jusqu’Ă  20 ans de rĂ©clusion criminelle et 7,5 millions d’euros d’amende en thĂ©orie (article 222-35 du code pĂ©nal). En pratique, les magistrats requalifient le plus souvent une petite culture personnelle en dĂ©tention, et tiennent compte de son caractĂšre personnel dans la peine (Drogues Info Service)[9].

La culture du chanvre, elle, est une activitĂ© agricole encadrĂ©e par l’arrĂȘtĂ© de 2021 : variĂ©tĂ©s inscrites au catalogue, semences certifiĂ©es[1]. Rien qui ouvre la porte Ă  un pied sur le balcon.

Cannabis médical : un cadre à part, sur prescription

Le cannabis Ă  usage mĂ©dical obĂ©it Ă  un rĂ©gime distinct. L’expĂ©rimentation nationale conduite par l’ANSM Ă  partir de mars 2021 n’accepte plus de nouveaux patients depuis mars 2024 et a pris fin le 31 dĂ©cembre 2024 ; les patients qui y Ă©taient inclus continuent d’ĂȘtre suivis, en attendant l’entrĂ©e en application d’un cadre pĂ©renne dont les textes ont Ă©tĂ© notifiĂ©s Ă  la Commission europĂ©enne en mars 2025[5].

Au 10 septembre 2026, ce cadre n’est pas encore opĂ©rationnel. Et rien de tout cela ne concerne le chanvre vendu en boutique, ni la possession de cannabis pour usage personnel.

LĂ©galisation du cannabis en France : oĂč en est-on, et que font nos voisins ?

Deux questions reviennent sans cesse : la France va-t-elle légaliser, et que peut-on faire chez nos voisins ? Les réponses, sans prédiction.

En France : un débat documenté, aucune loi

Au 10 septembre 2026, aucune loi n’a lĂ©galisĂ© l’usage rĂ©crĂ©atif du cannabis en France : rien n’a changĂ© sur ce point depuis 1970, et le texte votĂ© cet Ă©tĂ© va dans l’autre sens. Le dĂ©bat politique existe pourtant dans les institutions. En 2021, une mission d’information de l’AssemblĂ©e nationale a conclu en faveur d’une lĂ©galisation encadrĂ©e ; en janvier 2023, le Conseil Ă©conomique, social et environnemental a adoptĂ© un avis dans le mĂȘme sens (avis du CESE)[11]. Des propositions de loi ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es depuis ; aucune n’a Ă©tĂ© adoptĂ©e.

Ce dĂ©bat porte sur une consommation massive. Selon l’OFDT, 50,4 % des adultes de 18 Ă  64 ans dĂ©clarent avoir dĂ©jĂ  consommĂ© du cannabis, et 10,8 % en ont consommĂ© dans l’annĂ©e, d’aprĂšs les donnĂ©es de 2023[6]. Le cannabis reste de loin la drogue illĂ©gale la plus rĂ©pandue en France.

Une confusion pollue souvent ces discussions : on parle de « cannabis » lĂ  oĂč il faudrait distinguer deux molĂ©cules que tout sĂ©pare, en droit comme en pratique. Notre face-Ă -face THC vs CBD remet les choses Ă  plat.

En Europe : ce qui est permis chez le voisin s’arrĂȘte Ă  la frontiĂšre

Plusieurs pays de l’Union europĂ©enne ont assoupli leurs rĂšgles, chacun Ă  sa maniĂšre. Aucun ne permet pour autant de rapporter du cannabis en France.

Pays Ce qui est permis Depuis
Allemagne 25 g sur soi, 50 g à domicile, 3 plants, associations de culture ; réservé aux majeurs 1er avril 2024
Malte Détention limitée et culture à domicile encadrée Décembre 2021
Luxembourg Jusqu’Ă  4 plants par foyer ; en public, la dĂ©tention reste sanctionnĂ©e Juillet 2023
Pays-Bas Vente tolérée en coffee shop, filiÚre légale en expérimentation Tolérance ancienne, essai depuis avril 2025
France Aucun usage récréatif autorisé 1970, durci en 2026

En Allemagne, le texte de 2024 est toujours appliquĂ© Ă  la rentrĂ©e 2026, mĂȘme si son Ă©valuation fait dĂ©bat outre-Rhin (FAQ du ministĂšre fĂ©dĂ©ral allemand)[10]. Mais ce qui est permis Ă  Berlin s’arrĂȘte Ă  la frontiĂšre : rapporter en France du cannabis achetĂ© lĂ©galement lĂ -bas revient Ă  importer un stupĂ©fiant, avec les poursuites qui vont avec. Seuls les patients sous traitement peuvent voyager avec leur mĂ©dicament, munis de l’autorisation prĂ©vue par la convention de Schengen.

Ce qu'on vend en France, et ce qu'on n'y vend pas

Voilà maintenant ce que porte le rayon français de spliff.fr, relevé le 10 septembre 2026.

Ce que le rayon français porte

Fleurs et résines de chanvre du rayon Spliff

THCX, chez nous, c’est le nom commercial d’une gamme, pas le nom d’une molĂ©cule. Chaque lot passe en laboratoire, et aucune molĂ©cule classĂ©e n’y est dĂ©tectĂ©e. Le dĂ©tail de la gamme est dans notre guide complet du THCX et sur la page de la collection THCX.

Ce que tu ne trouveras pas sur spliff.fr

Ni huile, ni comestibles, ni produit au THC. Nos boutiques d’autres pays europĂ©ens en proposent pour certaines ; sur le site français, ces rayons sont fermĂ©s.

Pour les denrĂ©es au cannabidiol, la position de l’administration est d’ailleurs explicite : elle les considĂšre comme mises sur le marchĂ© illĂ©galement, faute d’autorisation prĂ©alable (position rappelĂ©e par une rĂ©ponse ministĂ©rielle du 1er septembre 2026)[12].

En résumé

Le droit français sĂ©pare deux mondes qui se ressemblent Ă  l’Ɠil nu : le cannabis, stupĂ©fiant, et le chanvre conforme, dont la vente est autorisĂ©e. Tout ce guide sert Ă  savoir de quel cĂŽtĂ© se trouve le produit que tu as en main. Spliff ne vend pas de cannabis riche en THC.

Cet article est une information documentée, à jour au 10 septembre 2026. Il ne constitue ni un avis juridique ni un avis médical.

Questions fréquentes

Est-ce que le cannabis est légal en France ?

Non. Le cannabis reste un stupĂ©fiant et son usage rĂ©crĂ©atif est un dĂ©lit, chez soi comme dans la rue. Ce qui se vend lĂ©galement, c’est du chanvre dont le produit fini respecte le seuil dĂ©taillĂ© plus haut : c’est une exception Ă©troite, pas une lĂ©galisation.

Quand le cannabis sera-t-il légal en France ?

Personne ne peut donner de date : aucun texte de lĂ©galisation n’est en cours d’adoption au 10 septembre 2026. MĂ©fie-toi des pages qui annoncent une annĂ©e prĂ©cise, elles anticipent un vote qui n’est inscrit nulle part.

Est-il lĂ©gal d’avoir du cannabis sur soi en France ?

Non : dĂ©tenir du cannabis, mĂȘme quelques grammes destinĂ©s Ă  sa propre consommation, reste un dĂ©lit, le plus souvent sanctionnĂ© par l’amende forfaitaire. Un produit de chanvre conforme achetĂ© en boutique n’est pas du cannabis au sens pĂ©nal ; garde son emballage d’origine et, si possible, son analyse de lot.

Depuis quand le CBD est-il légal en France ?

Le cannabidiol n’a jamais figurĂ© sur la liste des stupĂ©fiants. Ce qui a changĂ©, c’est la vente des fleurs : interdite par l’arrĂȘtĂ© de fin 2021, elle a Ă©tĂ© rouverte par le Conseil d’État le 29 dĂ©cembre 2022, dans le sillage de l’arrĂȘt Kanavape de la Cour de justice de l’Union europĂ©enne.

Est-il lĂ©gal d’acheter du CBD sur internet ?

Oui : aucun texte ne rĂ©serve la vente du chanvre conforme aux boutiques physiques. Les rĂšgles sont les mĂȘmes qu’en magasin ; ce qui compte, c’est que le vendeur puisse montrer l’analyse du lot que tu reçois.

Peut-on cultiver du cannabis chez soi ?

Non. La culture du chanvre est rĂ©servĂ©e aux agriculteurs, avec des semences certifiĂ©es ; un particulier qui fait pousser un pied, mĂȘme d’une variĂ©tĂ© de chanvre autorisĂ©e, s’expose aux poursuites prĂ©vues pour la production de stupĂ©fiants.

Sources

  1. DĂ©cision n° 444887 du 29 dĂ©cembre 2022 : annulation de l'interdiction de vente des fleurs et feuilles de chanvre — conseil-etat.fr
  2. ANSM : nouveaux dĂ©rivĂ©s du cannabis classĂ©s stupĂ©fiants (dĂ©cision du 22 mai 2024, effet au 3 juin 2024) — ansm.sante.fr
  3. Service-Public.fr : que risque-t-on en cas d'usage de drogue ? (vĂ©rifiĂ© le 21 aoĂ»t 2026) — www.service-public.gouv.fr
  4. Service-Public.fr : drogue au volant — www.service-public.gouv.fr
  5. ANSM : cannabis Ă  usage mĂ©dical, rĂ©ponses sur l'expĂ©rimentation et la transition — ansm.sante.fr
  6. OFDT : cannabis, synthùse des connaissances — www.ofdt.fr
  7. ANSM : le HHC et deux de ses dĂ©rivĂ©s classĂ©s (13 juin 2023) — ansm.sante.fr
  8. Service-Public.fr : conduite et cannabidiol, l'arrĂȘt de la Cour de cassation du 21 juin 2023 — www.service-public.gouv.fr
  9. Drogues Info Service : culture de cannabis — www.drogues-info-service.fr
  10. Bundesministerium fĂŒr Gesundheit : FAQ sur le Cannabisgesetz — www.bundesgesundheitsministerium.de
  11. CESE : Cannabis, sortir du statu quo, vers une lĂ©galisation encadrĂ©e (avis de janvier 2023) — www.lecese.fr
  12. Commission europĂ©enne : catalogue des nouveaux aliments (Novel Food), entrĂ©e « Cannabidiol » — ec.europa.eu
  13. ArrĂȘtĂ© du 30 dĂ©cembre 2021 portant application de l'article R. 5132-86 du code de la santĂ© publique (chanvre, seuil de 0,30 % de THC), LĂ©gifrance — www.legifrance.gouv.fr
  14. Loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 : relĂšvement des peines de conduite aprĂšs usage de stupĂ©fiants (article L. 235-1 du code de la route), LĂ©gifrance — www.legifrance.gouv.fr
  15. Loi n° 2026-798 du 18 aoĂ»t 2026 dite RIPOST (JORF du 19 aoĂ»t, en vigueur le 20) : dĂ©lit de conduite aprĂšs consommation manifeste (L. 237-1), rĂ©tention du permis, amende forfaitaire d'usage Ă  500 €, LĂ©gifrance — www.legifrance.gouv.fr

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