
Un cannabinoïde est une molécule qui active les récepteurs couplés aux protéines G, recepteurs situes terminaisons nerveuses du système central comme dans le système gastro intestinal. Cannabis cannabinoides, endocannabinoides derives acide présents corps humain, ou cannabinoïdes de synthèse : trois familles, pour une même logique de récepteurs[6].
Sommaire7 sections
- Un cannabinoïde, c'est quoi ?
- Phytocannabinoïdes, endocannabinoïdes, cannabinoïdes de synthèse : les trois familles
- La liste des principaux cannabinoïdes du cannabis : du CBGA au CBN
- Tableau : CBD, THC, CBG, CBN, THCV et CBC comparés
- Où se forment les cannabinoïdes dans la plante : trichomes et résine
- Conclusion
- Questions fréquentes
Un cannabinoïde est une molécule qui agit sur les récepteurs cannabinoïdes du corps, qu’elle vienne du cannabis, de l’organisme ou d’un laboratoire. Le mot vient de Cannabis sativa, mais la famille déborde largement la plante. En France, le terme circule partout dans l’univers du CBD, rarement expliqué jusqu’au bout.

Le principe tient de la serrure et de la clé. Ton corps porte un système de récepteurs, le système endocannabinoïde, dont les deux plus connus s’appellent CB1 et CB2 (cannabinoid receptor en anglais). Chacun est un récepteur couplé aux protéines G : quand une molécule s’y fixe, il relaie un message dans la cellule, ce qu’on appelle la signalisation.
Leur emplacement, en pure géographie :
- CB1 : surtout dans le système nerveux central, avec de nombreux récepteurs situés aux terminaisons nerveuses.
- CB2 : plutôt associé au système immunitaire, et présent aussi dans le système gastro-intestinal.
Au programme : les trois familles (plante, organisme, laboratoire), la liste des principaux cannabinoïdes, un tableau comparatif, puis les trichomes, là où la plante fabrique tout ça.
Un cannabinoïde, c'est quoi ?
Dans la définition d’un cannabinoïde, la pharmacologie pose une nuance de taille : se fixer sur un récepteur ne dit pas encore ce que la molécule va provoquer. Deux cannabinoïdes peuvent viser le même récepteur, CB1 ou CB2, sans produire le même effet. Tout dépend de leur affinité, c’est-à-dire du niveau d’accroche au récepteur, et de ce qu’ils déclenchent une fois en place.
Retiens ce critère, il tient toute la suite : même cible ne veut pas dire même effet. C’est pour ça que deux molécules d’une même famille peuvent laisser des effets très éloignés, et que deux produits cannabis aux étiquettes proches ne se ressemblent pas forcément.
L’histoire a pourtant commencé par la plante. Le premier cannabinoïde isolé fut le THC, puis le CBD, des travaux lancés dans les années 1960 par le chercheur israélien Raphael Mechoulam[6].
Ce duo garde une longueur d’avance. D’après le glossaire sur le cannabis de Santé publique France cité en référence, le CBD est le deuxième cannabinoïde du cannabis le plus étudié, juste derrière le THC[5].
Ce tandem fait de l’ombre au reste de la famille. Le CBC, par exemple, appartient aux mêmes cannabinoïdes de la plante mais reste nettement moins exploré et bien moins référencé dans les travaux.
L’origine, elle, sert à ranger la famille en trois branches : ce que produit la plante, ce que fabrique ton corps et ce qui sort d’un laboratoire.
Phytocannabinoïdes, endocannabinoïdes, cannabinoïdes de synthèse : les trois familles
Les cannabinoïdes se rangent en trois familles : ceux de la plante, ceux du corps et ceux du laboratoire[6].
- Phytocannabinoïdes : fabriqués par le cannabis lui-même. On en identifie un grand nombre, mais une poignée seulement se forme en quantité notable, avec le THC, le CBD et le CBG en tête. La section suivante en dresse la liste.
- Endocannabinoïdes : présents dans le corps humain, ces endocannabinoïdes dérivés d’un acide gras sont produits à la demande, au moment où l’organisme en a besoin.
- Cannabinoïdes de synthèse : conçus en laboratoire pour viser les mêmes récepteurs, sans passer par la plante.
Leur composition surprend souvent. Un cannabinoïde de synthèse est une molécule fabriquée de toutes pièces, dont la structure peut être très éloignée de celle du cannabis : THC, CBD et consorts n’y figurent pas. Les familles de type JWH, vendues sous l’étiquette « spice », en sont l’exemple classique, avec une puissance bien supérieure à celle du THC, et rien ici ne sort d’un champ ni d’une récolte.
Côté risques, retiens l’essentiel : ce sont des produits sans lien avec le chanvre. Leurs effets dépassent souvent de loin ceux d’une consommation de cannabis et exposent à un risque sérieux pour la santé.
À part, les hémisynthétiques partent d’une molécule issue du chanvre, modifiée ensuite en laboratoire ; le HHC est l’exemple le plus cité. Le THCX répond à une autre logique. Le THCX est un nom commercial, pas une molécule : chaque lot est analysé en laboratoire et aucune molécule classée n’y est détectée.
La liste des principaux cannabinoïdes du cannabis : du CBGA au CBN
Le cannabis compte environ 100 cannabinoïdes, dont le principal est le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol), d’après la synthèse des connaissances de l’OFDT[1].
Tout part du CBGA, la molécule mère. Dans la plante, des enzymes le transforment en trois acides : le THCA, le CBDA et le CBCA. C’est la génétique de la variété qui décide lequel domine.
La relation entre cannabis et cannabinoïdes commence donc par une forme acide, dominante dans la fleur crue. La chaleur (combustion, vaporisation, cuisson) les décarboxyle : ils deviennent THC, CBD et CBC. Avec le temps, l’oxydation du THC donne ensuite le CBN.
La liste des cannabinoïdes à connaître tient en six noms :
- THC : la molécule la plus connue de la liste.
- CBD : majoritaire dans les variétés de chanvre, c’est lui qu’on vise quand on parle des effets du CBD sur une étiquette.
- CBG : forme neutre du CBGA, souvent présent en faibles quantités puisque l’essentiel de la molécule mère a déjà été converti.
- CBN : issu du vieillissement du THC.
- THCV : variante du THC à chaîne courte, peu documentée.
- CBC : forme décarboxylée du CBCA, le troisième acide de la famille.
Une fleur mal stockée en contient donc davantage qu’une fleur fraîche.
Tableau : CBD, THC, CBG, CBN, THCV et CBC comparés
Six molécules, cinq critères, de quoi aller plus loin qu’une simple « cannabinoïde définition ». Le tableau se lit en ligne pour une molécule, en colonne pour un critère.
| Molécule | Psychotropie | Récepteur principalement visé | Forme acide d’origine | Abondance typique dans la plante | Documentation scientifique |
|---|---|---|---|---|---|
| THC | Nette | CB1, et aussi CB2 | THCA | Majoritaire dans les variétés riches en THC | Abondante |
| CBD | Non enivrant | Faible affinité pour CB1 et CB2 | CBDA | Majoritaire dans le chanvre | Solide |
| CBG | Non enivrant | CB1 et CB2, liaison faible | CBGA | Faibles quantités | Surtout préclinique |
| CBN | Faible, sans commune mesure avec le THC | CB1 et CB2, liaison faible | Pas de forme propre : vient du vieillissement du THC | Traces, en hausse quand la matière vieillit | Limitée |
| THCV | Mal établie | CB1 et CB2, données préliminaires | THCVA | Rare | Faible |
| CBC | Non enivrant | Peu d’affinité pour CB1 | CBCA | Faibles quantités | Faible |
Sur le récepteur CB1, le THC (dont la version de synthèse porte le nom de dronabinol) prend la place de l’anandamide (AEA), un endocannabinoïde que ton corps fabrique lui-même. Le CBN, lui, se voit prêter des propriétés bien au-delà de ce que montrent les données. Le THCV et le CBC, faute de données cliniques solides, restent peu documentés.
Usage réservé aux adultes (18+), et pas de volant après consommation.
Le flou touche aussi les produits eux-mêmes. Selon l’ANSM, depuis début 2024, plusieurs centaines d’intoxications ont été recensées chez des personnes ayant consommé des produits présentés comme contenant du CBD[2]. L’analyse de chaque lot est disponible sur demande auprès du service client.
Où se forment les cannabinoïdes dans la plante : trichomes et résine
Le tableau situe les molécules ; avec les trichomes, la « cannabinoïde définition » quitte la paillasse pour revenir au végétal. Ces petites glandes en forme de champignon, appelées trichomes glandulaires, fabriquent à la fois les cannabinoïdes et les terpènes. Leur sécrétion collante, c’est la résine.
Sur un cannabis THC comme sur une variété riche en CBD, on les observe à la loupe comme le vigneron guette la maturité de son raisin avant de vendanger. Leur aspect renseigne sur le bon moment de récolte.
Les trichomes se concentrent sur les fleurs femelles, bien plus que sur les feuilles et les tiges. Ce partage explique la hiérarchie des produits du cannabis :
- Fleurs : la partie la plus couverte de trichomes.
- Résine et pollen : des trichomes séparés de la matière végétale, donc plus concentrés.
- Trim : les petites feuilles de manucure, nettement moins chargées.
Après la coupe, rien n’est figé. La lumière, la chaleur et l’oxygène transforment les molécules pendant le séchage puis l’affinage : le THCA se change en THC, qui s’oxyde à son tour en CBN avec le temps. Un séchage au frais et à l’abri de la lumière préserve la qualité de la fleur et sa teneur réelle, bien au-delà des effets du CBD ou du THC promis sur une étiquette.
Reste à récolter la résine elle-même. Le hash la tamise et la presse, le rosin l’extrait par la chaleur et la pression sans solvant, et le live rosin part d’une matière fraîche congelée juste après la récolte pour garder ses terpènes. On reste ici sur ce que la plante a produit, sans détour par la synthèse.
Conclusion
Des trichomes jusqu’au flacon, la boucle est bouclée : la cannabinoïde définition tient à une cible, les récepteurs, et non à une plante. C’est ce critère qui range une molécule de labo comme la nabilone dans la même famille que le THC. Garde-le comme référence, que tu lises une fiche française, une chronique scientifique ou un article venu du Canada.
- Une filiation qui part toujours du même précurseur.
- Une ligne de partage THC CBD nette : le premier enivre, le second non.
Pour passer de la carte au terrain, la collection Spliff classe tous ses produits référencés par format et par cannabinoïde. Le bon réflexe : repère d’abord le cannabinoïde, puis le format, avant de te pencher sur les doses.
Questions fréquentes
Quelle est la composition des cannabinoïdes synthétiques ?
Un cannabinoïde de synthèse est une molécule conçue en laboratoire, sans lien avec la composition du THC ou du CBD du cannabis. Les familles de type JWH (« spice ») en sont l’exemple classique, avec une puissance bien supérieure à celle du THC. Chez Spliff, la gamme vendable s’oriente vers les vapes THCX et les produits CBD du marché légal.
Sources
- Cannabis (résine, herbe, huile, CBD) — synthèse des connaissances, OFDT — www.ofdt.fr
- Augmentation des intoxications causées par des produits à base de CBD contenant d'autres substances — ANSM — ansm.sante.fr
- Découvrez notre glossaire sur le cannabis — www.santepubliquefrance.fr
- Cannabinoïde — Wikipédia — fr.wikipedia.org














